Des emprunteurs trop assurés ?

En règle générale, le prêteur exige que l'assurance décès invalidité couvre au minimum 100 % de l'échéance. Lorsque l'emprunteur est un couple, la garantie peut être ou non répartie entre les deux membres du couple (sur deux "têtes" selon la terminologie des assureurs), selon la contribution de chacun au revenu du ménage. La logique voudrait en effet que lorsque l'un des conjoints apporte la totalité du revenu, il soit le seul couvert, et qu'à l'inverse, dans le cas où chacun des conjoints contribue à parts égales au revenu, l'assurance garantisse pour chacun d'eux le paiement de 50 % de l'échéance.
En réalité, l'assurance décès-invalidité couvre très fréquemment plus de 100 % du capital emprunté, et il n'est pas rare de voir des emprunts assurés à 100 % sur chacune des deux têtes. Cette pratique est certes encouragée par la majorité des établissements prêteurs, mais il ne s'agit en aucun cas d'une exigence de leur part. Elle traduit bien l'aversion des français face au risque, aversion qui se manifeste également dans le faible succès des prêts à taux variable et contraste avec l'attitude des anglo-saxons. L'emprunteur français est en règle générale prêt à payer assez cher - l'équivalent d'un demi-point de taux - pour éliminer tout risque de défaillance en cas de décès ou d'incapacité de l'un des membres du couple.