L'assurance chômage : une assurance souscrite par un emprunteur sur cinq

Sur l'ensemble des emprunteurs souscrivant un prêt immobilier, la part de ceux qui contractent une assurance chômage est approximativement de 20 %. Ce pourcentage varie toutefois beaucoup d'un établissement à l'autre, ce qui traduit des caractéristiques différentes de clientèle : dans les établissements spécialisés, la proportion d'emprunteurs disposant d'une garantie perte d'emploi atteint ou dépasse les 30% ; elle est en revanche de l'ordre de 15 % dans la plupart des établissements généralistes et peut parfois même tomber à 5%.
La faiblesse du pourcentage général d'assurance chômage n'est guère surprenante, si l'on considère qu'une partie non négligeable des emprunteurs (en l'occurrence tous ceux qui ne peuvent bénéficier des prestations des ASSEDIC) en est exclue. Mais surtout, contrairement à l'assurance décès-invalidité souscrite par la quasi-totalité des emprunteurs, la garantie perte d'emploi d'une assurance prêt immobilier souffre d'un phénomène d'anti-sélection : l'emprunteur, assuré potentiel, connaît mieux le risque que l'assureur et c'est dans les catégories socioprofessionnelles les plus soumises au risque de chômage que le taux de souscription est le plus élevé. De ce fait, la sinistralité est forte et le montant des primes élevé, ce qui tend à dissuader les emprunteurs à faible risque de s'assurer.