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Loi Hamon : la contre-offensive des banques - Assurance de prêt

18 Avril 2014

Loi Hamon : la contre-offensive des banques - Assurance de prêt


A quelques mois de l'entrée en vigueur de la loi Hamon relative à l'assurance de prêt immobilier, Isabelle Tourniaire, chargée d'études au cabinet de conseil BAO (Banque Assurance Optimisation), passe en revue la façon dont les banques et les assureurs indépendants entendent répondre à l'application du délai de résiliation d'un an.

Assurance de prêt : à nouvelle réforme, nouvelles stratégies

Spécialiste de l'assurance de prêt, Isabelle Tourniaire évoque dans un entretien accordé au site Cbanque.com les différentes stratégies adoptées par les professionnels du secteur pour s'adapter à la réforme instaurée par la loi Hamon. Adoptée en février dernier et devant s'appliquer au plus tôt à la fin du mois de juillet, cette réforme offrira aux emprunteurs un délai d'un an pour résilier librement une assurance de crédit contractée auprès de leur établissement prêteur. Une perspective qu'assureurs et banquiers n'abordent pas de la même façon.

Quand les assureurs multiplient les garanties...

Après avoir salué l'adoption de la loi Hamon, les assureurs indépendants s'emploient désormais à contourner l'écueil que représente pour eux l'équivalence de garantie. En effet, pour pouvoir changer d'assurance, un emprunteur devra en trouver une affichant un niveau de garantie au moins égal à l'offre de sa banque. Si l'on en croit Isabelle Tourniaire, "en moyenne, les contrats dits alternatifs, et hors ajout d'options, restent dotés de meilleures garanties que ceux des banques [...]. Pourtant, face à des objections mouvantes, ces offres se sont étoffées de nombreuses options (option de couverture des personnes sans activité, des mi-temps thérapeutiques, de certaines activités, etc.)". Une multiplication des garanties qui se ressent évidemment sur le coût de l'assurance de prêt.

… Les banques les réduisent

Du côté des banques, la stratégie est toute autre. Après avoir largement usé (voire abusé) de la notion d'équivalence de garantie pour circonscrire toute velléité de délégation d'assurance, les banques semblent avoir changé leur fusil d'épaule. Isabelle Tourniaire évoque ainsi "une multiplication des contre-offres défensives bancaires, offres que les banques développent pour limiter les délégations d'assurance". La spécialiste explique que "les banques s'organisent, non pas en surenchérissant les garanties de leurs contrats standards pour disqualifier leurs concurrents au titre d'une réelle non-équivalence de garanties, mais en créant des offres propres à prix plus bas mais à garanties moindres". Sans surprise les banques préfèrent donc conserver les assurés dans leur giron en jouant sur l'aspect financier plutôt qu'en proposant de meilleures couvertures.

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