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Assurance de prêt : l'UFC-Que Choisir dénonce l'illégalité du Crédit Agricole

19 Novembre 2013

Assurance de prêt : l'UFC-Que Choisir dénonce l'illégalité du Crédit Agricole


La loi Lagarde instaurée en septembre 2010 a-t-elle réussi à libérer l'assurance de prêt immobilier du joug des établissements bancaires ? Pas encore totalement si l'on en croit l'UFC-Que Choisir qui met en lumière les pratiques plus que douteuses opérées par le Crédit Agricole.

Depuis maintenant plus de trois ans, la loi Lagarde offre aux emprunteurs la possibilité de souscrire leur assurance de prêt ailleurs qu'au sein de leur établissement prêteur, c'est ce qu'on appelle la délégation. Afin de garantir cette liberté de choix, différents garde-fous ont donc été instaurés comme par exemple l'interdiction pour les banques de majorer un taux de prêt en cas de délégation d'assurance. Or, si l'on en croit l'UFC-Que Choisir, cette interdiction aurait encore beaucoup de mal à être appliquée.

En révélant un document rédigé par la caisse du Crédit Agricole de Toulouse, l'association de défense des consommateurs lève en effet le voile sur une pratique illégale qui semble toujours avoir cours au sein de certaines banques. Envoyé par l'établissement incriminé à près d'une centaine d'apporteurs d'affaires indépendants auxquels il est associé, le document en question révèle que le Crédit Agricole de Toulouse n'hésite pas à appliquer des majorations de taux à ses clients souhaitant contracter leur assurance emprunteur auprès d'un professionnel extérieur. Il est en effet précisé que, lors d'une demande de prêt immobilier, le refus de souscrire l'assurance proposée par la banque entraîne immédiatement une hausse du taux de crédit d'au moins 0,10%.

Non content d'enfreindre la loi au sujet de l'assurance de prêt immobilier, l'établissement bancaire applique également une majoration similaire aux clients ne souscrivant pas d'assurance multirisque habitation. De quoi bien évidemment susciter l'indignation de l'UFC-Que Choisir qui pointe du doigt l'absence de sanctions auxquelles s'exposent les banques hors-la-loi. "Partant sans doute de l'idée que les états-majors des banques sont exclusivement peuplés de gentlemen, le législateur compte sur le simple fair-play pour qu'elles n'abusent pas de leur position de force face aux clients", souligne ironiquement l'association.

L'UFC-Que Choisir en appelle donc aux pouvoirs publics pour que soit prise en compte la véritable nature des banques, à savoir "des institutions respectables mais à but lucratif, qui s'engouffrent, sans surprise, dans les failles de la réglementation".

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