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Assurance de prêt immobilier : les banques sur le banc des accusés

18 Avril 2012

Assurance de prêt immobilier : les banques sur le banc des accusés


Décidément, la délégation d'assurance de prêt immobilier n'en finit pas de faire couler de l'encre. Après l'étude du courtier AcommeAssure, c'est au tour du groupe Magnolia Web Assurance de réaliser une étude sur ses clients. Un panel de 1002 personnes n'ayant pas donné suite à leur demande d'assurance de prêt.

Une fois encore, les banques usent de leur pouvoir de pression sur les emprunteurs même si ce sondage leur reconnaît quelques progrès. Une démocratisation de la délégation d'assurance aux vues des 88% banques ayant rempli leur devoir d'information. Un chiffre pourtant en deçà d'une obligation faite aux établissements prêteurs suite à la promulgation de la Loi Lagarde en 2010.

Si 60% des futurs acquéreurs interrogés ont finalement opté pour l'offre groupée de leur banque, les raisons en sont édifiantes. Chiffre révélateur d'une mauvaise volonté des banques : 53% des établissements se sont alignés sur les tarifs des assureurs individuels. L'obligation d'informer se résumerait donc à une négociation de marchand de tapis entre un acteur bancaire habitué à user de sa position dominante et un emprunteur soucieux.

Soucieux, le terme semble même faible, quand ce type d'étude révèle le stress auquel sont soumis les emprunteurs en vue de l'obtention de leur prêt immobilier. Pris en otage, 28% des emprunteurs interrogés se voient contraints de suspendre leur démarche, par manque de temps ou menace d'augmentation de leur taux d'emprunt. Un procédé bien connu visant à laisser courir le délai de réponse par la banque quant à l'acceptation ou non du dossier. L'emprunteur se voit ainsi pris de court, pris dans l'étau d'un délai de réflexion de quinze jours.

Quant à la menace d'une hausse du taux d'emprunt, 47% se sont vu refuser leur assurance individuelle sans réelle motivation de leur banque. Un flou dont l'objectif est clairement d'imposer l'assurance de groupe pourtant moins avantageuse selon le profil. 10% des interrogés se sont d'ailleurs vus contraints de souscrire ladite assurance.

Il est donc plus que recommandé d'effectuer une simulation d'assurance de prêt immobilier.

Une année d'application de la Loi Lagarde aura finalement eu le mérite d'informer le consommateur et de faire jouer la concurrence. Selon Magnolia « la délégation d'assurance est désormais un élément de comparaison dans la comparaison de son crédit immobilier ». Le courtier déplore suite à cette étude l'attitude des banques : l'absence de justification de refus par écrit, des tarifs surévalués et une prise en otage quant à l'obtention du prêt en lui-même.

Il est néanmoins indéniable que l'ouverture à la concurrence en matière de délégation profite globalement à l'emprunteur. L'alignement des banques sur les tarifs des assureurs individuels en est la meilleure preuve. Toujours selon le courtier Magnolia, la mutualisation des risques au sein des contrats groupes s'avère pénalisante. Un avis qui concerne surtout les profils les moins risqués. Les moins de 40 ans non fumeurs, cadre et en CDI seraient donc les clients idéals. Un argumentaire relativement restrictif quant au type de population intéressée par la délégation d'assurance de prêt immobilier.

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