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Assurance de prêt : la loi Hamon a-t-elle changé le marché ?

13 octobre 2014

Assurance de prêt : la loi Hamon a-t-elle changé le marché ?


Alors que la loi Lagarde peine encore à produire ses effets auprès du grand public et ce, plus de quatre ans après avoir instauré une liberté accrue en matière d'assurance de prêt immobilier, qu'en est-il de la loi Hamon ? Un peu plus de deux mois après son entrée en vigueur, le texte réglementant le délai de résiliation d'un contrat a-t-il su influer sur le marché de l'assurance emprunteur ?

La loi Hamon : deux mois après

Le 26 juillet dernier entrait en application le volet de la loi Hamon relatif à l'assurance de prêt immobilier. Présentée comme une nouvelle étape vers un secteur de l'assurance de prêt véritablement ouvert à la concurrence (après celle initiée par la loi Lagarde), la loi Consommation (dite loi Hamon, du nom du ministre qui en fut à l'origine) permet depuis quelques semaines maintenant de résilier son contrat d'assurance dans un délai de 12 mois après sa souscription. S'il s'agit là d'une réelle avancée pour les emprunteurs souhaitant troquer l'assurance de groupe souscrite auprès de leur banque pour un contrat individuel plus adapté à leur profil, voire plus économique, cette opportunité peut-elle vraiment venir bousculer le marché ?

Assurance emprunteur : un marché toujours entre les mains des banques

Si certains argueront qu'il est encore trop tôt pour dresser un bilan objectif sur l'influence de la loi Hamon, force est toutefois de constater que l'entrée en vigueur de cette loi n'a pour l'heure pas encore produit ses fruits. L'ouverture à la concurrence ne semble pas devoir se dessiner pour un marché de l'assurance détenu en grand majorité par les banques, tout au moins dans l'immédiat. Une mainmise qui s'explique notamment par l'ignorance des emprunteurs concernant les possibilités qui leur sont offertes (seulement 25% d'entre eux savent ce qu'est une délégation d'assurance) et qui se traduit fort logiquement par un nombre relativement restreint de particuliers assurant leur crédit immobilier en dehors de leur banque (les assurances individuelles représentant 12 à 14% du marché).

Assurance individuelle : un vrai levier économique

Néanmoins, les courtiers (principaux partisans de la loi Hamon) n'entendent pas tirer un trait sur la perspective d'un secteur de l'assurance de prêt sortant progressivement du giron des banques. Si les emprunteurs misent pour l'heure sur les taux de crédit extrêmement attractifs pour financer leur projet au meilleur coût, ils pourraient en effet rapidement prendre conscience du levier non négligeable que représente l'assurance de prêt en matière d'économies budgétaires. Or, si les banques opèrent de réels efforts sur le front des taux, il n'en va pas de même en ce qui concerne leurs assurances dont les tarifs ne semblent pas avoir enregistré de correction significative. Souhaitant réduire au maximum le coût de leur crédit, les emprunteurs pourraient donc profiter de cette liberté de résiliation offerte par la loi Hamon pour peu à peu se tourner vers la délégation d'assurance. Les courtiers restent toutefois prudents quant à l'ampleur de ce scénario en estimant que la part de marché qu'occupera à termes l'assurance individuelle ne devrait pas excéder les 25%.

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