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Assurance de prêt : la convention Aeras n'est pas au point

23 Avril 2015

Assurance de prêt : la convention Aeras n'est pas au point


Destinée à faciliter l'accès au crédit aux personnes présentant des risques de santé, la convention AERAS est-elle réellement efficace ? Non si l'on en croit l'UFC-Que Choisir.

Assurance emprunteur : qu'est-ce que la convention AERAS ?

Avant d'accorder un quelconque emprunt immobilier à un particulier, une banque vérifiera d'abord sa solvabilité et demandera à ce qu'une assurance de prêt immobilier soit préalablement souscrite. Or, pour certains candidats au crédit (ceux, l'obtention d'une telle assurance peut parfois devenir un véritable parcours du combattant, voire être purement et simplement impossible. La convention AERAS (s'assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé) offre à ces derniers la possibilité d'accéder à un crédit en leur ouvrant les portes de l'assurance de prêt (sous certaines conditions et assortie de surprimes). Dans la pratique, après avoir examiné le profil d'un futur emprunteur présentant un risque de santé, la banque (ou l'assureur) peut décider de soumettre son dossier à un examen médical plus poussé. Ce deuxième niveau d'évaluation des risques peut soit déboucher sur l'obtention d'une assurance, soit faire entrer en jeu un troisième palier d'examen pouvant se conclure par la proposition d'une assurance dite « risque très aggravé ». C'est notamment lors de ces deux derniers niveaux d'examen que la Convention AERAS intervient.

La convention AERAS ne profite pas aux emprunteurs

Instaurée en 2007, cette convention découle d'une volonté louable d'ouvrir l'assurance de prêt au plus grand nombre mais est-elle réellement efficace ? Il s'agit là d'une question que l'UFC-Que Choisir ne se pose plus. Dans un communiqué publié fin mars, l'association de défense des consommateurs pointe en effet du doigt « l'échec patent de l'actuelle convention AERAS ». Après avoir mis la main sur les données confidentielles relatives au 3ème niveau de la convention AERAS, l'UFC dévoile des résultats pour le moins édifiants. Sur les quelques 9000 dossiers traités en 2013 par ce 3ème niveau, seuls 646 ont pu se voir proposer une assurance de prêt immobilier. Si ces assurances sont logiquement soumises à l'application de surprimes, l'association ne peut que dénoncer les marges particulièrement élevées (60%) réalisées par les assureurs sur ces contrats. « Les assureurs ont en effet, entre 2003 et 2013, encaissé 1,6 million d'euros de primes… et reversé seulement 250 000 euros, soit 15 % des primes encaissées ! », révèle l'UFC.

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