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Assurance de prêt : 85% des emprunteurs lésés

06 octobre 2015

Assurance de prêt : 85% des emprunteurs lésés


Réformer l'assurance de prêt immobilier sert-il vraiment à quelque chose ? Alors que 85% des emprunteurs optent encore et toujours pour l'assurance de leur banque, la question mérite peut-être d'être posée.

Changer d'assurance de prêt n'intéresse toujours pas les emprunteurs

L'assurance de prêt immobilier est un secteur d'activité pour le moins paradoxal. Si la législation ne cesse de promouvoir la concurrence entre établissements (offrant aux particuliers de réelles opportunités d'économies), les emprunteurs restent encore est toujours attachés aux contrats, souvent plus onéreux et moins personnalisés, proposés par leur banque. C'est en tout cas ce que constate Isabelle Tourniaire, responsable des études du cabinet conseil BAO. Dans un entretien accordé au site Cbanque, cette dernière ne peut que se rendre à l'évidence : la loi Hamon n'a pour l'heure eu aucun impact sur le marché et la part des assurances individuelles (délégation d'assurance) reste désespérément engluée au niveau qui était déjà le sien en 2013 (soit environ 15%).

Pourquoi l'assurance individuelle ne décolle pas ?

Comment expliquer que plus de 8 emprunteurs sur 10 ne se sont toujours pas tournés vers la souscription d'une assurance individuelle alors que celle-ci présente d'indéniables avantages, tant sur le plan financier que sur les garanties proposées ? Le manque d'information des consommateurs est évidemment à prendre en considération mais n'est toutefois pas seul en cause.

Quand les banques traînent les pieds

Jusqu'à l'avènement de la loi Lagarde mais surtout de la loi Hamon il y a un peu plus d'un an, le marché de l'assurance emprunteur était tenu d'une main de fer par des banques qui aujourd'hui n'entendent pas tirer un trait sur un quasi-monopole leur garantissant de juteuses marges. « Changer d'assurance-emprunteur, c'est déjà complexe et il est vrai que les banques s'ingénient à rendre les choses encore plus difficiles », admet ainsi Isabelle Tourniaire.

Les courtiers également pointés du doigt

Paradoxalement, alors que les courtiers ont majoritairement pris position en faveur de la loi Hamon, ils semblent eux aussi entretenir cette situation de blocage. « Comment un courtier en crédit immobilier, rémunéré par les banques, peut organiser sereinement le changement d'assureur sur les dossiers qu'il traite, sans craindre de conséquences de la part de ses banques partenaires ? », s'interroge ainsi Isabelle Tourniaire. Bon nombre d'intermédiaires auraient d'ailleurs fait le choix de concentrer leur activité sur la souscription d'assurances individuelles au moment de l'obtention du crédit et délaisseraient bien volontiers les opérations qui visent à remplacer une assurance en cours de prêt (ce que permet la loi Hamon).

Les emprunteurs, premiers fautifs ?

Enfin, si la souscription de contrats d'assurance autres que ceux proposés par l'établissement prêteur ne décolle toujours pas, ne serait-ce pas avant tout la faute des emprunteurs eux-mêmes ? Dans un contexte de taux de prêt extrêmement attractifs, les particuliers ont porté toute leur attention sur les économies qu'ils pouvaient réaliser en obtenant le taux le plus bas et semblent avoir quelque peu oublié le poids financier de leur assurance. Or, une fois leur crédit en poche, les emprunteurs préfèrent ne pas s'engager dans de nouvelles démarches qu'ils considèrent à tort comme bien trop complexes.

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